đŸ•Šïž A Common Misconception: Was Jesus Against the Pharisees? | Une idĂ©e reçue : JĂ©sus Ă©tait-il contre les pharisiens ?

A reflection on Matthew 3:1–12 // Mark 1:1–8
Une rĂ©flexion sur Matthieu 3,1–12 // Marc 1,1–8

📌 Version française ci-dessous | French version below


🇬🇧 A Common Misconception: Was Jesus Against the Pharisees?

The Gospels do not tell the same story in the same way. These differences are not mistakes, but signs of each author’s theological perspective.

A good example appears in the preaching of John the Baptist.

1ïžâƒŁÂ Mark: No systematic attack on the Pharisees

In the earliest version (Mark 1:1–8), John announces repentance and the coming of “one who is more powerful” than he. No Pharisees are mentioned. There are no insults, no controversy.

In Mark’s Gospel, Jesus does enter into debate with the Pharisees on some issues (Sabbath, ritual purity). The tone is sometimes firm: he denounces their rigidity or their lack of understanding of the spirit of the Law. But he never condemns them as a group.

2ïžâƒŁÂ Matthew: A sharper tone

In Matthew 3:7–10, the atmosphere changes abruptly. John the Baptist directly addresses Pharisees and Sadducees in these words:

“Brood of vipers!”

It is Matthew’s redactor who alone introduces conflict, judgment, and the image of a tree cut down because it bears no fruit.

Later in this Gospel, Jesus will even pronounce seven “woes” against “the scribes and Pharisees, hypocrites” (Matthew 23).

This portrait has shaped twenty centuries of Christian imagination and has often influenced the way Pharisees are viewed—sometimes unfairly.

3ïžâƒŁÂ A misleading idea

Saying “Jesus was against the Pharisees” is simplistic.

  • Jesus is actually close to them on many points: belief in the resurrection, the importance of repentance, reverence for the Torah.
  • First-century Judaism was full of internal debates and disagreements.

In Mark (and even in Luke), we do not find a blanket condemnation.

It is Matthew—written in a tense context between synagogue and emerging Christian community—who intensifies the rhetoric in a more polemical way.

👉 Reading the Gospels carefully helps us correct a common misconception: Jesus does not divide people into “good” and “bad,” but calls everyone — including Pharisees — to sincerity of heart.


đŸ‡«đŸ‡·Â Une idĂ©e reçue : JĂ©sus Ă©tait-il contre les pharisiens ?

Les Ă©vangiles ne racontent pas tous la mĂȘme histoire de la mĂȘme maniĂšre. Ces diffĂ©rences ne sont pas des erreurs, mais des signes de la thĂ©ologie propre Ă  chaque auteur.

Un bon exemple se trouve dans la prédication de Jean le Baptiste.

1ïžâƒŁÂ Marc : pas de discours systĂ©matique contre les pharisiens

Dans le rĂ©cit le plus ancien (Marc 1,1–8), Jean annonce la repentance et la venue de « plus fort » que lui. Aucun pharisien n’est mentionnĂ©. Il n’y a pas d’insultes, pas de polĂ©mique.

Dans l’évangile de Marc, JĂ©sus entre en controverse avec les pharisiens dans certains Ă©pisodes (sabbat, puretĂ© rituelle). Le ton est parfois ferme : il dĂ©nonce leur rigiditĂ© ou leur manque de comprĂ©hension de l’esprit de la Loi. Mais il ne les condamne jamais comme groupe.

2ïžâƒŁÂ Matthieu : un discours plus Ăąpre

Dans Matthieu 3,7–10, l’ambiance change brusquement. Jean le Baptiste s’adresse directement aux pharisiens et sadducĂ©ens en ces termes :

« Engeance de vipÚres ! »

C’est le rĂ©dacteur de Matthieu seul qui introduit un affrontement, un jugement, et l’idĂ©e d’un arbre coupĂ© parce qu’il ne porte pas de fruit. 

Plus loin dans cet Ă©vangile, JĂ©sus prononcera mĂȘme sept malĂ©dictions contre « les scribes et les pharisiens hypocrites » (Matthieu 23).

Ce portrait a marquĂ© vingt siĂšcles de christianisme et a façonnĂ© l’image des pharisiens, souvent de maniĂšre injuste.

3ïžâƒŁÂ Une fausse idĂ©e reçue

Dire que « Jésus était contre les pharisiens » est simpliste.

  • JĂ©sus est plutĂŽt proche d’eux sur de nombreux points : croyance en la rĂ©surrection, importance de la conversion, lecture de la Torah.
  •  Le judaĂŻsme du premier siĂšcle Ă©tait traversĂ© de dĂ©bats internes et de conflits.

Chez Marc (et mĂȘme chez Luc), on ne trouve pas de condamnation globale.

C’est Matthieu, Ă©crit dans un contexte tendu entre synagogue et communautĂ© chrĂ©tienne naissante, qui durcit le ton de maniĂšre plus polĂ©mique.

👉 Lire les Ă©vangiles attentivement permet donc de corriger une idĂ©e reçue : JĂ©sus n’oppose pas les « bons » contre les « mĂ©chants », mais appelle chacun — pharisiens compris — Ă  une authenticitĂ© du cƓur.


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